Musée Marcel Sahut - Ville de Volvic

Découvrir le Musée Marcel-Sahut à distance

23 Avr

Bien qu'actuellement fermé au public, le musée municipal Marcel-Sahut de Volvic vous propose de découvrir ses collections à travers un jeu des 7 erreurs, des jeux de coloriage mais également grâce à la présentation d'une œuvre mensuelle.

Jeu des 7 erreurs

Guerrier sur cheval blanc pommelé, papier, 368mm X 250mm, anonyme, XVIIe -XVIIIe s

Cette estampe japonaise représentant un guerrier sur un cheval blanc a intégré les collections du musée Marcel-Sahut en 1985, lorsque le peintre Marcel Sahut décide de léguer une partie de ses collections à la Ville de Volvic, à charge pour elle de créer un musée portant son nom. L’œil averti du collectionneur lui a permis de rassembler de nombreux arts graphiques, parmi lesquels près de 50 estampes japonaises de la fin du XVIIIe siècle et du début du siècle suivant.
Cette œuvre Guerrier sur cheval blanc pommelé, a été exposée au musée Mandet en 2018, à l’occasion de l’exposition Lame des chevaliers.
Nous ne manquerons pas de l’exposer prochainement…

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Le petit dessinateur, bois gravé 45x31 cm, réalisé par Etienne Morillon au XXe siècle

Le musée Marcel-Sahut compte cinq gravures d’Etienne Morillon dans ses collections, parmi lesquelles Le petit dessinateur, ou encore plusieurs portraits. Auteur de peintures mortes, portraits et paysages, Morillon est un graveur discret. Il connaît une période cubiste puis se joint au groupe « Les Ziniars » en 1921.
« Les Ziniars » était un groupe d’artistes, majoritairement peintres, représentant alors le courant de la peinture moderne. Dans se groupe, il rencontra Marcel Sahut, peintre et collectionneur qui légua ses collections à la Ville de Volvic pour en faire un musée. Les gravures d’Etienne Morillon enrichissent nos collections, mais également celles du musée des Beaux-Arts de Lyon ou du musée Dini (à Villefranche-sur-Saône).

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Le Saltimbanque, Marcel Sahut, 1982, huile sur toile, 60 x 120 cm

Cette œuvre, actuellement conservée dans les réserves du musée Marcel-Sahut, révèle tout l’intérêt du peintre et donateur, pour les gens du spectacle. Saltimbanque, acteurs, chanteurs, danseurs, les modèles sont nombreux. Il aime les représenter dans leurs costumes chatoyants de couleurs, rappelant ainsi son attrait pour la peinture fauve.
Une salle dédiée aux couleurs dans la peinture de Marcel Sahut vous présentera ce pan de production… Rendez-vous au musée municipal de Volvic !

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Le bouquet aux estampes, Marcel Sahut, XXe siècle, huile sur toile, 46 x 55 cm

Parmi les sujets favoris du peintre Marcel Sahut, se distinguent les paysages, les portraits ainsi que les natures mortes. Ce bouquet aux estampes montre combien les couleurs, mais également la matière étaient importants aux yeux de l’artiste. Le rendu des pétales contraste avec l’aspect lisse du vase de porcelaine. Enfin, une estampe japonaise rappelle les inspirations du peintre, sa curiosité, son ouverture aux autres cultures. Le legs de ses collections effectué à la Ville de Volvic peut en témoigner : vous trouverez parmi les pièces exposées au musée, de nombreux arts graphiques et objets mobiliers extra-européens.

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Nature morte, Pierre Tal Coat, huile sur toile, XXe siècle, 55 x 46 cm

Cette nature morte, œuvre de l’artiste Pierre Tal Coat, est actuellement exposée dans les salles du musée Marcel Sahut. Peintre de Pont-Aven, Tal Coat produit peintures, dessins et gravures par thématiques. En 1942, l’artiste réalise de nombreuses natures mortes, parmi lesquelles celle-ci, enrichissant les collections du musée municipal de Volvic. Deux dessins de sa main sont également conservés dans nos réserves.

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Promenade hygiénique et sentimentale, série Professeurs et Moutards, Lithographie, Honoré Daumier, vers 1845-1846.

Cette lithographie d’Honoré Daumier, parmi près de 850 autres gravures du même auteur, illustre la richesse du fonds Marcel-Sahut.
Caricaturiste de renom, la production de Daumier couvre les actualités politiques françaises et parisiennes depuis les années 1830 jusqu’en 1865. Ses lithographies satiriques font sourire, mais demeurent de vraies positions face au régime alors en place. Diffusées par les journaux d’opposition, dont le Charivari, Daumier devient le symbole de la liberté d’expression par le dessin. Ce qui caractérise sa production dessinée est probablement la vigueur du trait, l’expressivité de la ligne, l’instantanéité du mouvement, la puissance des contrastes et la maîtrise du dessin sur pierre.
Cette lithographie nous permet de faire écho à la prochaine exposition qui se tiendra au musée : Honoré Daumier et la représentation de la vi(ll)e parisienne.

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Fête nautique, Hiroshige, 345 x 230 mm, Papier, XIXe siècle.

Parmi les fonds du musée Marcel-Sahut se trouve une collection d’estampes japonaises datées des XVIIIe et XIXe siècles. De grands noms de maîtres japonais, tels Hokusaï ou Hiroshige témoignent de l’œil averti que possédait Marcel Sahut en matière d’art.
Ces estampes sont régulièrement exposées, n’hésitez pas à venir les découvrir dans de nouveaux espaces dédiés aux arts extra-européens !

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Jeu de coloriage

Le musée Marcel-Sahut propose également des jeux de coloriages à partir d'œuvres de la collection.

La chatte et son chaton, eau forte de Tsugouharu Foujita (45 cm x 51 cm), collection du musée Sahut

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Le Saltimbanque, Marcel Sahut, 1982, Huile sur toile, 60 x 120 cm

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Arlequin, gravure sur nacre - fin XIXe début XXe

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Clef de voute pendante du château de Bosredon, 1er étage, pierre de Volvic

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L’œuvre du mois, mai 2020

 Minowa, Kanasugi et Mikawashima, Utagawa Hiroshige, Xylographie, XIXe siècle

   

Passionné par les arts asiatiques, Marcel Sahut était collectionneur d’estampes japonaises et a su regrouper les plus grands noms de la peinture japonaise parmi lesquels le plus célèbre d’entre eux : Hiroshige.

Né en 1797 à Edo (ancien nom de Tokyo) et décédé le 12 octobre 1858 dans la même ville, Hiroshige est sans doute le plus connu des artistes japonais. Spécialiste des paysages il a produit les séries les plus illustres de l’estampe japonaise : Les Cinquante-trois relais du Tôkaidô, Les Cent vues d’Edo et Les Soixante-neuf Stations du Kiso Kaidô, série réalisée avec Eisen.  Le musée Marcel-Sahut a la chance de compter dans ses collections une estampe de chacune de ces trois séries majeures[1].  L’œuvre du mois est consacrée à une xylographie de la série Les Cent vues d’Edo qui compte 119 planches publiées dans les années 1850.

Issu d’une famille de samouraïs, Hiroshige a été initié à l’art dès son plus jeune âge en fréquentant l’atelier d’Utagawa Toyohiro, peintre japonais faisant partie du courant artistique Ukiyo-e. C’est en 1832 alors qu’il parcourait la route du Tôkaido que le thème des paysages s’est imposé à lui, il créait alors la série d’estampes illustrant la beauté des paysages qu’il rencontrait sur cette route. Cette série a connu un très grand succès et contribua grandement à sa renommée. Dès lors il se consacra essentiellement à la réalisation de paysages.

L’Ukiyo-e est un courant artistique dont Hiroshige est un des grands maîtres et qui signifie « image du monde flottant ». Ce courant repose sur l’idéalisation de la représentation, les formes et les couleurs sont transformées pour donner une vision presque onirique des choses. Les artistes occidentaux ont été influencés par ce courant, notamment Van Gogh qui a réalisé un nouveau tirage des Cent vues d’Edo. Aujourd’hui encore cette représentation poétique du Japon reste présente dans l’imaginaire collectif.

Minowa, Kanasugi et Mikawashima sont les noms de trois localités, proches de Yoshiwara, près de la route d’Ōshū Kaidō. L’estampe œuvre du mois représente leurs paysages agricoles. Trois cartouches indiquent le nom de la série (en rouge, en haut à droite), le nom de l’œuvre (en orange) et le nom de l’auteur (en rouge, en bas à gauche). Les éléments principaux sont deux grues de Mandchourie, une est en vol et s’apprête à atterrir dans les rizières alors que la deuxième, déjà dans l’eau, a le bec ouvert. À l’arrière-plan, un paysan traverse les rizières, une palanche à l’épaule. Les estampes des Cent vues d’Edo étant classées par saisons, celle-ci représente l’hiver.

Le format vertical de l’estampe[2], utilisé pour l’ensemble de la série, est peu commun pour un paysage et oblige à l’utilisation de points de vue différents de ceux utilisés pour les formats traditionnels, il permet notamment des gros plans comme c’est le cas ici avec la grue en vol.

Un détail montre la complexité et la qualité d’impression de l’estampe : les ailes des grues sont gaufrées pour donner du relief au plumage. Cette technique de gaufrage, appelée Karazuro, est traditionnelle dans l’estampe japonaise et elle est ici particulièrement bien conservée.

Chaque couleur de l’estampe a nécessité la gravure d’une planche en bois, celle-ci pouvant être gravée recto-verso. Des dégradés de couleurs, aussi appelés Bokashi, ont été utilisés pour réaliser l’horizon crépusculaire, l’eau et les rizières. Ils ont été réalisés grâce à des planches humides où les encres ont été graduées. Ces effets de luminosité sur l’horizon sont caractéristiques de l’œuvre d’Hiroshige, ils permettent, à l’inverse des aplats d’encre, de rendre mouvants les paysages.

Cette estampe réalisée sur un papier d’origine végétale (probablement à base de mûrier) laisse à penser par la qualité des couleurs et des dégradés qu’il s’agit d’un des premiers tirages de l’estampe.

 

Pour aller plus loin :
BICHLER Lorenz, TREDE Melanie, Cent vues célèbres d'Edo, Cologne, Taschen, 2010

 


[1] Le musée possède le 49ème relais du Tôkaidô : Tsuchiyama et Nojiri, une xylographie réalisée par Eisen et issue de la série Les Soixante-neuf Stations du Kiso Kaidô.

[2] Format appelé ôban, d’environ 26,8 x 39,5cm.