Viviers - Ville de Volvic

L'œuvre du mois, mars 2021

31 mar

Œuvre du mois

Viviers,
Huile sur toile, 1928, Marcel Sahut,
Collection Association des amis de Sahut

Cette huile sur toile est assez forte symboliquement par la localisation géographique du sujet représenté, la cathédrale Saint-Vincent de Viviers, en Ardèche, étant le point de passage qui fit le lien entre la jeunesse grenobloise du peintre et sa future vie provençale.

C’est vers 1923 lors d’un de ses premiers voyages sur le Rhône en partant de Valence qu’il découvre cette ville, l’attrait est immédiat : « Je fus très attiré par cette ville que je découvrais assez tôt… Viviers se dressait sur son rocher que surmontait la haute silhouette médiévale de la cathédrale Saint-Vincent. L’ensemble du paysage que je voyais était d’une grande noblesse qui laissait espérer, pour un jeune peintre, les plus belles découvertes.[1] » De ces espoirs naissent de nombreux dessins et toiles qui sont réalisés au fil des séjours de Marcel Sahut à Viviers. La première représentation sur toile de la cathédrale Saint-Vincent date de 1927 et trois autres de 1928. La similitude entre ces quatre représentations est frappante, les angles de vues sont proches avec d’un côté deux toiles et une gravure en plan rapproché, et de l’autre deux toiles avec une vue plus éloignée de la cathédrale. Cette multiplication de représentations similaires d’une cathédrale a pu lui être inspiré par la série des Cathédrales de Rouen peinte par Monet.

Sur cette toile l’architecture s’impose par son positionnement central et ses lignes verticales appuyées tout en s’intégrant dans son environnement. Les couleurs utilisées par Marcel Sahut laissent à penser que la cathédrale est une floraison de la terre, le clocher s’élevant du sol dans une même harmonie d’ocre.

Marcel Sahut disait de Viviers que cette ville « sous un soleil qui se voulait déjà provençal, faisait songer à une châsse d’or blond, contrastant avec les sombres montagnes cévenoles »1. Dès lors, lui qui cherchait à faire naître la lumière de ses toiles, comment pouvait-il ne pas tomber sous le charme de ce lieu et le représenter à multiples reprises ?

 

 

       


[1] « Viviers. » Propos de Marcel Sahut sur Viviers, transmis en 2020 par Monsieur Guy Juste, président de l’association des amis de Sahut.