Yang Ermin - Ville de Volvic

Yang Ermin, Paysages, Natures Mortes et Pierres à encre

30 nov

Le musée Marcel Sahut de Volvic est situé en plein de cœur des volcans d’Auvergne. Outre la promotion des fonds occidentaux et asiatiques collectionnés puis légués à la Ville par son fondateur, le peintre et graveur Marcel Sahut, le musée se tourne depuis quelques années vers les arts de la pierre, et notamment de la lave.
 C’est dans une logique d’ouverture et de diversité culturelles que le peintre, graveur, sculpteur YANG Ermin déploie un florilège de quelques 33 œuvres exécutées au lavis et de sculptures en bronze.


YANG Ermin

Peintre, graveur et sculpteur, Yang Ermin est internationalement identifié comme représentant du renouveau de la peinture au lavis, élégante et polychrome. Né en 1971 à Quyang dans la province du Hebei, il est diplômé de l’Université des arts de Tokyo. En parallèle de ses productions et expositions, il dirige l’Institut de recherches sur les œuvres au lavis de l’Académie des arts de Nankin.

Artiste puisant ses forces dans l’observation du quotidien, les œuvres ici présentées soulignent son attachement aux émotions et ressentis qu’il souhaite partager.

Comment innover dans le domaine de la peinture au lavis moderne ? Voici une question récurrente à laquelle théoriciens et praticiens s’attachent. L’artiste prolonge ces interrogations en ouvrant la définition du terme de « lavis d’encre » aux couleurs soutenues.  Pour Yang Ermin «l’un des points ignorés dans le domaine de la peinture moderne est que l’utilisation traditionnelle de la couleur dans la peinture au lavis est encore limitée à une conception ancienne dans laquelle il n’y a aucune place pour des couleurs intenses. [Il s’agit de] trouver le juste milieu entre l’encre sombre et la couleur forte. […] Dans la Chine d’aujourd’hui, la peinture qui sollicite le lavis d’encre en binôme avec une couleur intense, forte, est devenue plus présente».
 

Les trois sujets essentiels de Yang Ermin : entre personnages, paysages, et nature mortes

Qu’on le veuille ou non, l’œuvre de Yang Ermin produit sensations et réflexions qui traduisent l’originalité de sa synthèse créatrice.

Les personnages

Fortement marqué par les créations d’artistes japonais des années 30, comme des œuvres de Matisse ou Vuillard notamment, Yang Ermin propose des personnages fondus dans un environnement domestique. Chaque objet, accessoire, ustensile, prend un poids particulier. Comme sur le point de disparaître, une impression d’instabilité émane du personnage. Il s’agit surtout ici de capter la lumière tout en donnant à chaque coloris, à chaque ton envisagé, une présence particulière. Tout récemment encore, Yang Ermin a peint des hommes politiques, des artistes internationaux devenus témoignages d’un monde en déliquescence et dont l’aspect évanescent fait s’interroger sur le temps qui passe comme sur l’importance de ces êtres.

 

Les grands paysages

Parcours, promenade ou pérégrination ? Les productions ici présentées traduisent ses voyages en Occident, au Japon, comme ses traditions chinoises.

Yang montre sa connaissance de la composition, son inspiration des peintres anciens : des Tang (618-907) à Qing (1644-1911), dynasties durant lesquelles les montagnes sont l’objet d’imposantes compositions.

En ce XXIe siècle, il ne semble nullement restrictif de s’attaquer à un sujet a priori traditionnel. Le regard sur la nature, sur cet univers qui enveloppe l’homme et le rappelle à la modestie devient ici un regard admiratif. Ses œuvres accrochent l’œil et deviennent une invitation au parcours, au voyage.

 

Les natures mortes

Les termes sombres de nature morte se traduisent en chinois par nature calme rejoignant ainsi les termes still life anglais. En effet, sous le pinceau de Yang Ermin, le genre nature morte conserve toute sa vigueur, et s’avère particulièrement percutant dans les sujets présentés et les cadrages choisis. La force de la vie est notamment rendue par la texture de ses lavis sur papier chinois Xuan. Le résultat obtenu, chaleureux, se rapproche des effets de la peinture à l’huile sur un support papier. Motifs floraux, géométriques ou abstraits, entrent en parfaite symbiose avec une gamme chromatique intense et libre.

Ce parcours au sein d’un œuvre foisonnant permet de comprendre la problématique d’un créateur qui vit dans une société en mutations constantes, dans une société qui redécouvre le plaisir de l’élégance. Cette quête de Yang Ermin vers une esthétique très personnelle permet à un public autre, le public français, de comprendre combien la couleur peut être source de plaisir face à des sujets traduisant la force de la vie. Surtout, cette couleur permet d’aborder le développement d’une théorie nouvelle dans le temps et dans l’espace.

 

Un très bon article écrit par Alain Cardenas explique parfaitement bien l'exposition, en présentant l'artiste et son oeuvre. Vous pouvez retrouver cet article en cliquant sur le lien ci-dessous :

Article Yang Ermin