Musée Marcel Sahut

INFOS PRATIQUES

Adresse :

2 rue des Ecoles - 63530 Volvic

téléphone :

04 73 33 57 33

horaires d’ouvertures :

Fermé

Le lieu

Le musée Marcel Sahut est installé dans le château du domaine de Bosredon, siège du pouvoir d’une famille seigneuriale dès le Haut Moyen Âge. Situé à l’entrée du bourg de Volvic, sur un promontoire plus aisément prenable que Tournoël, le château fut détruit et reconstruit à plusieurs reprises.

Probablement édifié au XIIe siècle, le château primitif est dévasté par les Anglais en 1373. De cette époque, il ne reste qu’un fragment d’escalier à vis et une tour. En 1390, Hugues de la Roche, seigneur de Tournoël, autorise Gérard Dagbert, chevalier et seigneur de Bosredon, à rebâtir « un hostel et chastel » en lieu et place du précédent. Des fragments architecturaux de cette reconstruction sont visibles : portes, arcs en ogive, voûtes d’arêtes et voûtes en berceau au sous-sol, au rez-de-chaussée et au premier étage. Le domaine est ensuite racheté par la famille Pierrefitte en 1523. Nommé trésorier général de France à Riom en 1570, Charles de Pierrefitte de Bosredon améliore le confort de son intérieur, tant et si bien qu’il excite la jalousie des Tournoël qui saccagent les lieux en 1590. Retenu prisonnier, à sa libération, il retrouve sa propriété ruinée. Mort sans postérité en 1652, ses héritiers la vendent à François II Valette, seigneur de Laboureix. L’un de ses descendants, Jean-François Valette, la fait rebâtir en 1784. Les travaux sont menés sous la direction de l’architecte riomois Attiret de Mannevil (1750-1823) pour en faire une demeure de plaisance dans le goût italien. Le jardin à la française, dans le style de Le Nôtre, est réalisé à la même époque. Le dernier des Valette de Bosredon décède en 1826. Le château et ses dépendances reviennent au docteur Conchon. En 1905, le domaine est légué à la commune qui y installe l’hospice, usage qu’il conserve jusqu’en 1982. Entre 1985 et 1987, il subit de nouveaux travaux, sur les plans des architectes Lescher et Jarrier, pour en faire un musée.

 


Les richesses des collections permanentes du musée et son histoire

Fils et petit-fils de tailleurs de pierre et de sculpteurs volvicois, Marcel Sahut (1901-1990) demeurait très attaché à ses racines avec lesquelles il a renoué à la fin de sa vie. Il a décidé, en 1985, de léguer une grande partie de son œuvre, des centaines d’estampe et des dessins de ses collections personnelles à la ville de Volvic. Elles sont depuis conservées et exposées au sein du château de Bosredon. Ses collections personnelles frappent autant par leur originalité que par leur richesse : on y retrouve les plus grands noms de l’estampe japonaise, de très belles pièces de Chine et d’Inde, des sculptures, des armes et des instruments de musique d’Afrique et surtout un ensemble fascinant d’objets d’art des bagnes de Cayenne et de Nouvelle-Calédonie. Au cours de sa vie, le peintre a aussi rassemblé une exceptionnelle collection de dessins et de peintures des XIXe et XXe siècles : l’autoportrait de Gustave Doré, des centaines d’estampes et des dessins des deux plus grands caricaturistes du XIXe siècle, Honoré Daumier et Alfred Grévin ainsi que des aquarelles de Rodin, des gravures de Foujita...

 

L’œuvre du mois, Janvier 2020

Durion, Yang Ermin, Bronze patiné, 2013

Alors que l’exposition « Yang Ermin, paysages, natures mortes et pierres à encre » s’est terminée en novembre, l’œuvre du mois est consacrée à un don de l’artiste au musée.

Yang Ermin est un artiste chinois né en août 1971 à Quyang. Attiré depuis l’enfance par la peinture il commence dès le lycée à participer à des expositions où une de ses œuvres remporte le prix du ministère de la culture.

Connu en tant que novateur du lavis, il est aujourd’hui considéré comme un maître de cette technique1 et chef de file du courant de l’art élégant constitué par les peintres de lavis polychromes. Yang Ermin a en effet eu l’audace de mêler l’encre et la couleur pour réaliser des œuvres richement colorées pour rompre avec la tradition des lavis noir et gris. Il dit d’ailleurs : « Nous vivons dans un monde de couleur pourquoi la peinture au lavis devrait-elle se limiter à l’utilisation de l’encre ? »

Trois sujets majeurs sont présents dans son œuvre : les natures mortes, les paysages et les personnages. Aussi dans ses natures mortes les fruits sont très présents, il aime les observer et en peindre les riches coloris. Rien d’étonnant donc qu’il ait commencé depuis les années 2000 une série de sculptures en bronze représentant des fruits : bananes, ananas, pommes… et dans le cas présent un durion, fruit exotique du sud-est de l’Asie, à l’odeur caractéristique si puissante qu’il est même interdit dans certains lieux communs.

Ces fruits sculptés sont singuliers : ils sont dans un état de transition, déformés par le temps. C’est le cas de ce durion à l’aspect difforme : gâté, le temps l’a vidé de sa substance telle une vanité, Yang Ermin veut montrer par cette œuvre les ravages du temps sur la vie. Dans le livre Yang Ermin,  À la rencontre de l’Orient, Christophe Comentale2 décrit cette série de sculptures : « Des fruits parfois comme oubliés sur une planche, une table, un meuble, un temps qui va avoir raison de leur sève, de leur chair, de leur texture et montrera ainsi combien le temps joue impitoyablement avec leur forme extérieure. Un avertissement sur la force du temps qui passe et donc la nécessité d’en apprécier chaque moment. »

 

1: Il est directeur de l’Institut de recherches sur les œuvres au lavis de l’Académie des arts de Nankin.
2: Christophe Comentale a été commissaire le de l’exposition « Yang Ermin, Paysages, Natures mortes et pierres à encre » tenue du 21 septembre au 30 novembre 2019 au Musée Marcel Sahut, Volvic.

 

Pour aller plus loin :

Yang Ermin, À la rencontre de l’Orient, catalogue d’exposition, éditions du Fenouil, 2016, 168 pages.

Yang Ermin, Traité de l’élégance, Christophe Comentale, Marie-Christine Natta, Marie Laureillard, éditions du Canoë, 2019, 92 pages.